Le monde est un livre ouvert et ceux qui ne voyagent pas s’arrêtent à la première page Le plus grand voyageur est celui qui a su faire une fois le tour de lui-même Le destin bat les cartes mais c’est nous qui les jouerons... Tout ce que les hommes ont fait de beau et de bien, ils l’ont construit avec leurs rêves... On ne va jamais aussi loin que lorsqu‘on ne sait pas où l’on va ... Il y a trois sortes d’hommes : les Vivants, les Morts, et ceux qui vont sur la Mer

Notre parcours

Notre voyage n’est pas un voyage … C’est un mode de vie ! Nous vivons depuis maintenant plus de trois ans sur notre bateau dans un espace qui n’est guère plus grand que celui d’une caravane. Nous sommes les gitans de la mer ou plus poétiquement des oiseaux du grand large. Considérant nos valeurs et principes de vie représentées par quelques citations ci dessus, nous avons décidé un beau matin de tout quitter, de nous évader afin de conquérir le monde, un bien grand projet dont toute une vie ne suffirait pas …

Nous avançons lentement mais surement; nous restons parfois plusieurs mois à certains endroits; soit parce que l’endroit nous plait soit parce que l’activité économique est bonne et que l’attrait du pécule financier nous demande de rester sur place encore quelques temps. Cela permet de renouer avec la société et nous évite de nous marginaliser. En fait nous sommes simplement des capitalistes qui misons notre argent sur une valeur sûre : l’exploration du monde.

Notre parcours débute en Sicile où nous avons acheté le bateau, nous y sommes restés 8 mois en faisant un aller retour de deux mois en Tunisie en passant par Malte. Puis nous avons rejoint la Sardaigne; les Baléares; Gibraltar. Ca y est nous voilà en Atlantique sur la côte marocaine où nous séjournons quelques semaines avant de partir pour les Canaries et enfin le Cap ver; point de départ de notre traversée de l’atlantique. Après une belle traversée; nous stoppons en Martinique pour une durée de deux ans pour nous renflouer financièrement; durée pendant laquelle nous découvrirons les Caraïbes sud notamment Tobago Cays. Objectif atteint, nous partons alors pour le Panama en passant par la Dominique; la Guadeloupe; Saint Barth; Saint Martin; les îles vierges britanniques puis Américaines; Porto Rico; Arruba et la Colombie où nous nous attarderons pour notre plus grand plaisir. Nous arrivons enfin au Panama (en passant par les SanBlas) d’où nous préparons le bateau pour notre traversée du Pacifique qui nous amène en Polynésie et dont la première escale sera Les Marquises.

Notre histoire

Pour raconter l’histoire de notre bateau il faut raconter notre propre histoire, elles sont intimement liées et c’est probablement la raison pour laquelle notre bateau est beaucoup plus qu’un simple objet, ce bateau a une âme et nous essayons de la faire vivre un petit peu tous les jours.

A l’époque c’est à dire en 2015, nous travaillons Valérie et moi dans le métier de l’informatique. Glorieux métier pour celui qui aime jouer au rubiscube et qui n’a pas peur de s’enfermer dans un bureau. Valérie ne connaît rien à tout ce qui touche aux bateaux, quand à moi mon expérience maritime est un peu plus riche puisque je participais durant mon enfance lors des vacances d’été à quelques semaines de croisières familiales nous amenant systématiquement en Corse ou aux Baléares. Mon attirance pour le grand large fut vite oubliée par les aléas de la vie.

Après avoir présenté Valérie à mon Papa, celui nous propose rapidement de prendre son voilier de 9 mètres pour partir en petite croisière, seuls en amoureux comme à la vielle époque. Bien que n’ayant plus mis plus les pieds sur un bateau depuis de nombreuses années, je retrouvai rapidement mes repère et me contentai d’une confiance à demi mesurée pour embarquer vers la corse.

Cette croisière fut l’une des plus belles car Valérie succombait progressivement aux charmes de la mer, à moins que ce ne soient aux miens. En tout cas, elle était heureuse tout comme moi. Un soir où nous nous retrouvions au mouillage devant un magnifique coucher de soleil, je lui faisais part de mes lectures sur les grands aventuriers du large

– Pourquoi ne pas aller plus loin ? Beaucoup plus loin ? Ne désires tu pas conserver cette liberté si fragile que nous croyons maintenant posséder ?

– Allons y, partons, mais procédons comme il se doit !

Deux mois plus tard, nous quittions nos métiers d’informaticiens, nous achetions notre premier bateau en Sicile que nous avions baptisé lors d’une grande arrosée avec nos amis respectifs L’Ivresse. Ce nom était telle une signature qui nous était laissée par ceux à qui on tenait, ceux qui nous suivrait nos avantures autour du globe.

Il y a des éléments qui ne trompent pas si l’on reste ouvert aux signes annonciateurs d’une grande nouvelle. Au départ nous cherchions un bateau mais jamais n’aurions imaginé que ce serait celui ci, de toute façon hors budget.

Un jour, mon papa qui nous a souvent encouragé dans notre projet sans jamais vraiment y croire nous envoie une annonce pour un bateau, tarif indiqué 45 000 euros largement au delà de nos moyens. Pour le remercier sans le contredire, je réponds tout de même à l’annonce :

– Bonjour, intéressé par votre bateau, notre budget n’est hélas que de 30 000 euros maximum, cordialement

Réponse rapidement expédiée

– Bonjour, Si vous pouvez vous déplacer en Sicile nous serions prêt à descendre jusqu’au prix que vous indiquez, cordialement

Valérie ne pouvant se libérer, me voilà donc seul en Sicile pour la visite de ce bateau

A mon arrivée, je remercie mes hôtes pour leur rection mais également leur offre de 28 000 euros qui retient toute mon attention. Peut être un peu trop cavalier mais cela fonctionne même si quelques tensions vite dissipées se font ressentir. Ce tarif de 28 000 euros me met soudainement à l’aise pour le reste de la visite. Tous les éléments sont présents pour me convaincre :

  • Le bateau est parfaitement entretenu, il est propre et on sent qu’il est resté dans de bonnes mains.
  • Les propriétaires actuels sont bienveillants, de bonnes personnes humaines comme je les aime.

Nous nous entendons parfaitement et je profite de la soirée pour écouter leurs aventures maritimes, mieux les connaitre et continuer à découvrir le bateau. Je leur explique notre projet, ils sont emballés et heureux de pouvoir laisser le bateau à un tel destin. En parallèle je leur faisais savoir avec une grande honnêteté qu’ils seront toujours les bienvenus à bord. Nous fûmes par la suite heureux de constater que ce ne serait pas que des mots : quelques années plus tard, ils nous rejoindrons en Polynésie et en profiteront pour réaliser la magnifique aquarelle de notre bateau dont vous pouvez trouver l’image ci dessus.

Je passe la première nuit d’une très longue série à bord. Je repars le lendemain en métropole pour tout expliquer à Valérie qui me donne l’absolution. Mais rejoignons les propriétaires à Nantes pour contractualiser l’affaire mais ne sommes pas exactement reçus de la même manière qu’en Sicile, plutôt expéditifs. Il faut dire que nous avons trouvé le moyen de tirer encore un peu sur l’élastique en négociant un dernier tarif de 27 000 euros (sur les conseils de Valérie). Je pense qu’à un euro de moins l’élastique nous aurait claqué au nez.

Nous voilà parés et prêts à prendre la mer avec un écho qui résonne en nous « Nous vous avons bradé la bateau car votre projet est un projet magnifique, nous espérons vraiment que vous pourrez le réaliser jusqu’au bout ». A présent notre projet n’est plus que pour nous, il est partagé avec d’autres qui le suivront de près.

L’équipage